Le tour du Mont Blanc

Pour inaugurer mon p’tit blog, je vais proposer une idée de balade, une de mes préférées. Paysages grandioses, belles routes et jolis villages au programme. Il s’agit du tour du Mont Blanc, entre France, Italie et Suisse. Une belle virée par de grands cols.

Cette balade représente environ 320 km, et une longue journée n’est pas de trop pour la réaliser, tant les arrêts pour admirer le paysage peuvent être nombreux, et les variantes aussi. Si l’on veut en profiter pour visiter quelques sites et accéder à de belles vallées proches de l’itinéraire, c’est même une semaine qu’il faudra prévoir !

S’agissant d’une boucle, le départ peut se faire de n’importe quel endroit. Et l’on peut aussi la faire dans le sens proposé ou dans l’autre, la perception des paysages changeant complètement dans ce cas. Arbitrairement, j’ai placé le départ de Sallanches – la force de l’habitude – et le tour se fera dans le sens antihoraire. Mais on peut aussi démarrer de Martigny, Aoste ou Bourg Saint Maurice.

Rendez-vous donc sur la place Charles Albert, au cœur de Sallanches, et profitez en pour photographier le Mont Blanc qui s’étale plein cadre sur tout l’horizon sud-est, c’est autour de lui que vous allez tourner. Si vous avez le temps, flânez un peu sur les quais de la rivière pour prendre un café et visitez l’église et son trésor.

C’est parti ! Prenez la direction de Megève, station huppée et renommée. Attention, le revêtement est en assez mauvais état, et manque parfois d’adhérence. Huit kilomètres plus loin, vous sortez de la forêt et traversez le charmant village de Combloux. Ceux qui ont le temps pourront jeter un coup d’œil à son église baroque et son clocher à triple bulbe (et pas buse), et au paysage impressionnant. Encore plus beau si vous prenez le temps de monter au départ des pistes de ski, au lieu-dit « La Cry Cuchet ».

Vous voici maintenant à Megève. Si vous vous contentez de traverser la station par la route principale, vous aurez bien du mal à comprendre ce qui attire les têtes couronnées et autres, tant le visage présenté sur cet axe est quelconque. Il faut prendre le temps d’aller jeter un coup d’œil au centre pour apprécier. Maisons pimpantes, boutiques de luxe, rues piétonnes et charmante place avec la mairie d’un côté et l’église de l’autre. C’est déjà beaucoup mieux. Deux mairies même, cas probablement unique en France, la mairie de la commune voisine de demi Quartier se trouvant à Megève. Sur cette même place, la boutique Allard vous permettra de vous offrir pulls, pantalons, chemises ou autres au vrai chic de Megève, moyennant de grosses poignées de billets. Sans oublier Swarovski, Rolex et les autres. Mais contentez vous de vous balader dans les rues piétonnes, sur les ponts de pierres qui enjambent les torrent, c’est déjà agréable.

La route vous mène ensuite à Praz sur Arly, village nettement plus familial doté d’un relais motard en son centre. Après trois kilomètres d’une agréable route, laissez celle qui descend à Albertville et prenez à gauche la direction du col des Saisies. Elle est indiquée « Route des Grandes Alpes », car on va maintenant suivre un tronçon de cet itinéraire. Attention, à un peu moins d’un kilomètre de ce croisement, un autre se présente. Une route arrive à votre droite et vous êtes prioritaires, mais ceux qui arrivent de là préfèrent l’ignorer, volontairement ou non, ce qui rend ce coin très dangereux.

Après Notre Dame de Bellecombe, autre charmant village, vous voici au col des Saisies après avoir suivi une très agréable route entre forêts et alpages. Faites coucou aux vaches au passage, ca les amusera… Si la station des Saisies en elle-même n’a pas un grand intérêt – si ce n’est d’être bien ensoleillée et reposante pour un verre en terrasse -, le panorama au sommet du Signal de Bisanne, lui, vaut le détour. Et comme ce détour est court, pas de raison de s’en priver.

A la sortie de la station, prenez donc à droite la D123 en direction de Villard sur Doron et 2 km plus loin, bifurquez sur la petite route à droite. Pas mal défoncée, cette route. Gaffe avec de grosses routières. A 1939m, le panorama à 360° vaut le coup d’œil. Beaufortain, Mont Blanc et Aravis à portée de mains et de photos. Revenez sur vos pas quasiment jusqu’aux Saisies pour entamer la descente sur Beaufort. Une belle descente entre alpages et forêts comme il se doit.

A mi parcours et si vous avez un peu de temps, vous pourrez faire un détour par Hauteluce. Un joli village du Beaufortain qui n’a pas été abîmé par le tourisme. Et si vous avez vraiment beaucoup de temps vous pouvez pousser jusqu’au col du Joly, d’où vous aurez une vue saisissante sur le Val Montjoie et le massif du Mont Blanc dans sa partie sud. Et un bar au col pour apprécier le panorama. Comptez quand même sur 40 minutes de détour, par une route très étroite…

Après Hauteluce, une belle route descend à Beaufort. Attention, la tentation est grande de mettre du gaz sur cette portion, mais certains virages sont traîtres. Pour ceux qui seront allés au Col du Joly, une route part à gauche peu après la centrale électrique, pour éviter de repasser par Hauteluce.

A l’entrée de Beaufort se trouve, outre une station service, la cave coopérative qui produit un fromage très réputé, le Beaufort, justement. Une halte fort intéressante pour les gourmets ! A noter que ce fromage est affiné six mois, donc celui que vous achetez en été est produit en hiver, lorsque les vaches mangent du foin à l’étable. Alors que celui acheté en hiver est produit en été, lorsque les bêtes broutent la bonne herbe grasse et les fleurs des alpages. La différence de goût est nette.

Outre cela, Beaufort est aussi un petit et très ancien village où il fait bon prendre un verre au milieu des vieilles maisons. Et de là, vous avez deux possibilités pour rejoindre le barrage de Roselend, prochaine étape de ce circuit. La première est de monter directement au barrage depuis Beaufort, en suivant la direction « Cormet de Roselend / Bourg Saint Maurice ». Vous suivrez une route noyée dans la forêt, offrant de beaux lacets et quelques portions sympa pour l’attaque mais chargées en véhicules en tous genres.

La deuxième possibilité est de faire un détour par Arêches et le col du Pré. Plus long, mais les paysages sont plus ouverts. Au centre de Beaufort, une route part à droite en direction d’Arêches et s’élève en quelques lacets dans la vallée où se trouve ce village. Une fois dans le village, prenez à gauche en direction de saint Guérin / Boudin / Col du Pré. La route devient étroite et viroleuse, pas facile avec de lourdes routières. Mais la vue vaut le coup. Laissez la direction du barrage de Saint Guérin pour prendre celle de Boudin. Derrière ce nom bizarre se cache un magnifique village composé de vieux chalets accrochés à une pente très raide au milieu des alpages. Vraiment chouette. A travers la forêt vous rejoindrez ensuite le col du Pré et la route descend alors sur le lac de Roselend, offrant des panoramas à couper le souffle. Attention, la route est étroite, souvent couverte de gravillons, et mieux vaut éviter de partir au fossé qui est ici particulièrement raide.

Un bar / restaurant, la Pierra Menta, se trouve judicieusement placé au milieu de la descente vers le lac pour profiter plus longuement du paysage. Admirez la Pierra Menta, monolithe dressé sur sa crête. Après avoir traversé le barrage et éventuellement fait une pause au bord du lac, vous rejoignez le premier itinéraire au col de Méraillet. Si vous êtes ici à l’heure du repas, ou d’un verre, il y a un « relais motard » a prix correct et terrasse avec vue sur le lac. Un kilomètre plus loin se trouve également deux petits établissements sympathiques. Le deuxième, peu après une jolie chapelle – the photo a faire dans le coin sur fond de lac -, est doté d’une terrasse avec panorama quatre étoiles, idéale pour un rafraîchissement ou une omelette au beaufort. Les plus courageux pourront descendre au bord du lac pour tremper les pieds dans l’eau, et le reste si vous tenez de l’ours polaire. Le torrent se jetant dans le lac à cet endroit est en fait un captage venant directement d’un glacier, c’est donc plutôt frais !

Entre le lac et le Cormet de Roselend, la route traverse de beaux alpages, s’élève en lacets, passe par le Plan de la Lai, départ de nombreuses balades, longe cascades et torrents puis arrive au col. La descente jusqu’aux Chapieux se fait sur une belle chaussée mais attention, elle se rétrécit ensuite beaucoup. Aux Chapieux, un détour pour amateurs de paysages consiste à monter à la Ville des Glaciers. Pour cela, quittez la route principale, traversez le village et prenez la route très étroite qui remonte la vallée. Attention avec de grosses routières… Une fois remontée la Vallée des Glaciers, creusée par le Torrent des Glaciers, vous arrivez à la Ville des Glaciers, dominée par l’Aiguille des Glaciers et le Glacier des Glaciers. Eh oui, ici, tout s’appelle « des Glaciers » ! En fait de ville, quelques bergeries, un gîte et une chapelle, mais aussi un joli paysage.

Retour aux Chapieux, prenez la direction de Bourg Saint Maurice. La route devient vite très étroite et sinueuse pour descendre un imposant seuil glaciaire, ce qui impose une certaine attention. Un coureur du Tour de France a fait le grand saut dans le ravin, dans un virage bordé d’un rocher, en direct devant les caméras. N’essayez pas de l’imiter…

Vous passez ensuite près des ruines d’un ancien établissement thermal puis la vallée s’élargit et vous voici à Bourg. Profitez en pour faire le plein, soit des pilotes soit des machines (supermarché et station essence à la sortie du bourg, direction Val d’Isère).

Prenez maintenant la direction de Val d’Isère jusqu’à Séez. Un peu avant la sortie de ce village, prenez la route qui part sur la gauche en direction du col du Petit Saint Bernard et de la station de ski de la Rosière. La route, large et plutôt en bon état, s’élève d’abord dans les prés puis à travers une épaisse forêt en décrivant de grandes courbes et de beaux bouts droits, un régal ! Arrivés à la Rosière, traversez la station, toujours en direction du col. La route remonte une vallée à flanc de montagne. La forêt a disparu et l’ambiance peut être austère si les nuages sont de la partie, ce qui arrive souvent.

Voici, après la statue de Saint Bernard (le saint, pas le chien) le col et la frontière Italienne : on passe dans le Val d’Aoste. Territoire savoyard des siècles durant, la région est restée francophone même si cela est moins vrai depuis les années 1990. Auparavant, le français était parlé partout, mais depuis une vingtaine d’années cela tend à disparaître.

Peu de choses à faire à ce col pour un motard, si ce n’est éventuellement se restaurer dans l’un des restaurants situés au départ des télésièges, côté italien du col. Et puisque vous êtes dans le Val d’Aoste, goûtez donc à la polenta à la fontine (le fromage local), aux cèpes ou au gibier, ou autres variantes. Cette vallée produit aussi de bons vins rouges, comme l’Enfer d’Arvier ou le Torrete. Vous serez ainsi bien lestés pour continuer la route !

Celle-ci descend maintenant dans les alpages en passant à proximité du joli Lac Verney, puis serpente dans des forêts de mélèzes, vous offrant quelques échappées sur le versant Italien du Mont Blanc, avant d’arriver à La Thuile. Une importante station de ski, reliée à la Rosière, dotée d’immenses possibilités de randonnées. Mais avec peu d’intérêt en dehors de cela. A partir d’ici, de nouveau deux possibilités d’itinéraires.

Le premier, pour les plus pressés, descend directement dans la vallée et permet de rallier directement l’autoroute pour grappiller quelques minutes. La fin de la descente est assez amusante, avec une succession de virages serrés et numérotés, juste avant Pré saint Didier. La deuxième possibilité est plus longue, mais plus belle. Dans le village de La Thuile, juste après le pont sur le torrent, prenez la route à droite (virage très sec) qui monte en direction du col Saint Charles (colle San Carlo). Une belle montée en alpage puis dans une épaisse forêt mène à ce col, doté d’un bon restaurant / bar et d’un départ de randonnée vers le très beau lac d’Arpi pour ceux qui ont vraiment le temps (90 m de dénivelée seulement). A travers forêts, hameaux et alpages verdoyants une longue descente vous mène à Morgex où vous rejoignez le premier itinéraire.

Petite parenthèse : vous êtes maintenant en plein Val d’Aoste. Cette vallée est « l’intérieur du coude » des Alpes, l’endroit où la chaîne passe d’une orientation nord – sud à ouest – est. Dans ce pli, sur un petit territoire, se trouvent la plupart des 4000 de l’arc Alpin, et des vallées resserrées aux paysages spectaculaires et sauvages. Il faut consacrer plusieurs jours à l’exploration de cette vallée et de ses nombreuses vallées secondaires, Valgrisenche, Valsavaranche et les autres. A l’occasion de ce tour du Mont Blanc, vous pouvez éventuellement remonter jusqu’à Courmayeur, station chic au pied du versant italien du toit de l’Europe, que l’on appelle aussi le versant Himalayen du Mont Blanc eu égard à ses dimensions colossales. Si vous avez le temps, remontez le Val Veni ou, plus joli, le Val Ferret, pour en prendre la mesure.

Fin de la parenthèse, prenez maintenant la direction d’Aoste, soit par autoroute si vous êtes pressés (mais vous gagnerez peu de temps), en sortant à Aoste Ouest / Aymavilles, soit par la nationale. Surnommée « la petite Rome des alpes », Aoste est une ville intéressante à visiter. Notamment la vieille ville avec ses ruelles, ses commerces, et surtout sa cathédrale et ses vestiges romains (Arc de triomphe, cirque…). Mais il faut y consacrer plusieurs heures, ce qui n’est pas l’idéal dans le cadre de ce circuit. A moins de le faire sur deux jours, et de passer la nuit ici pour bien profiter de ce mélange d’ambiances italiennes et françaises.

Le top de l’animation, dans cette ville, c’est la foire de la saint Ours, qui a lieu depuis plus de 1000 ans. Problème, elle se tient les 30 et 31 janvier, donc en période de neige et de fort gel. Peu recommandable en moto… Mais quelle ambiance extraordinaire ! Sinon, Aoste est un bon endroit pour se restaurer, bichonner sa moto, acheter de l’équipement pas trop cher (magasins à la sortie est, direction Turin) ou même quelques alcools Italiens pour ceux que ca intéresse. Les magasins sont dans le même coin que ceux pour la moto, dont Ottoz, pour ne pas le citer…

Pour continuer la boucle, sortez d’Aoste en prenant la direction « Col du Grand Saint Bernard », aussi indiqué « Suisse » ou « Martigny ». Dès la sortie de la ville vous allez vous retrouver sur une belle route qui part à l’assaut des montagnes. Mais attention, c’est une route internationale, desservie par le tunnel du Saint Bernard, et la circulation peut y être très dense. Au fil des virages, les hauts sommets se rapprochent à nouveau. Le petit village d’Etroubles permet de se reposer un peu ou de se restaurer selon l’heure.

Un peu plus loin, au niveau de Cerisey, attention à la bifurcation. Si vous allez tout droit vous resterez sur la route internationale et franchirez le tunnel, ce qui est très peu intéressant sauf en cas de retard. Prenez la petite route qui part à droite, en direction de Saint Rhemy en Bosses et du col du Grand saint Bernard. La route devient beaucoup plus étroite et sinue entre de vieux murs, traverse de belles forêts de mélèzes, des torrents et arrive dans les alpages et les éboulis.

Une grande aiguille rocheuse vous fait de l’œil puis, quelques virages et un paravalanche plus tard, vous voici au lac. A propos de ce paravalanche, attention. De l’eau suinte parfois en abondance et, en début ou fin de saison, il n’est pas rare qu’elle se transforme en glace… Au niveau du lac vous passerez la frontière suisse et vous voici maintenant en Helvétie. Quelques boutiques au bord du lac vendent des attrapes touristes comme des marmottes siffleuses et autres Saint Bernard en peluche. Souvenirs locaux ‘made in China’. Plus intéressant, il y a aussi de quoi manger et boire. Au dessus du lac se trouve le col, flanqué de son monastère qui fait aussi office de refuge, d’hôtel, de bar, de restaurant, de boutique de souvenirs, mais où vous ne verrez plus les célèbres chiens, déplacés il y a peu dans la vallée sur décision des autorités Valaisannes.

Une halte au col est recommandée. Pour se dégourdir un peu les pattes et profiter du paysage, d’abord. Admirez le Vélan et le Grand Combin, avec ses plus de 4300 mètres. Mais aussi parce que cette route est très fréquentée. Outre les hordes de touristes en berlines ordinaires, vous pourrez aussi observer des centaines de motos représentant quasiment toute la production, des véhicules de collection aussi. J’ai eu l’occasion de voir passer un petit groupe de Ferrari 250 GTO en vadrouille, des Type E, etc. Ouvrez l’œil !

La descente vers Martigny commence par une petite route en lacets, dans des éboulis puis le long d’un torrent. Route étroite et sinueuse, avec forte circulation, donc gaffe. A la station de Super Saint Bernard – non, non, il n’y a pas de chien en costume bleu avec une cape rouge dans le dos – vous rejoignez la route internationale qui sort du tunnel. Forcément, cela a beaucoup moins de charme, d’autant que cette route se trouve sous un paravalanche tout au long du pourtant joli lac des Toules. Lac au bord duquel vous pouvez pique niquer comme le font de nombreuses familles. Un chemin part de la station pour mener près du plan d’eau, mais il n’est pas dans un état extraordinaire.

A la sortie de cet interminable paravalanche vous rencontrerez le joli village de Bourg Saint Pierre, qu’il serait dommage de traverser trop vite. Prenez le temps de marcher jusqu’à sa chapelle, perchée sur son rocher, en admirant les vieilles maisons au passage. S’ensuit une longue descente vers Orsières sur une belle route bien ensoleillée, à laquelle les pins à crochets et les éboulis donnent un air quelque peu sudiste.

A Orsières, on peut trouver de quoi se rafraîchir et se restaurer dans le vieux village serré autour de l’église. C’est aussi de ce village que partent deux itinéraires intéressants. Le premier est un trajet en aller et retour dans un cul de sac, le Val Ferret Suisse. Pendant du val Ferret Italien, il est plus austère et sauvage, mais sa remontée jusqu’à La Fouly vous donnera un avant goût de la haute montagne.

Le second itinéraire est une manière alternative et bien plus jolie, mais plus longue, de rejoindre Martigny que par l’accès direct. Traversez Orsières en commençant à remonter le val Ferret, puis prenez la direction de Champex. La route monte en lacets dans un joli versant de montagne et vous mène à ce charmant village lové au bord d’un petit lac. Croquignolet, comme dirait le guide du routard. Vous pouvez prendre un verre au bord du lac, ou en faire le tour à pieds, pour profiter du calme qui règne ici. Rien d’étonnant, c’est la Suisse…

Pour rejoindre Martigny, continuez la route en direction de la forêt et de la station de ski. A côté du télésiège coule le bisse de Champex. Dans les alpes du Valais, un bisse est un torrent capté en altitude pour amener l’eau aux villages et cultures plus bas, qui en manquent souvent. Entouré de sommets de 4000m, le valais est soumis à un foëhn régulier, vent chaud et desséchant. Ce qui limite les précipitations, et permet même de faire pousser des abricots, le climat de cette vallée étant celui que l’on trouve bien plus au sud. A propos de ces abricots, si vous voyez un marchand au bord de la route, achetez-en. Vous ne le regretterez pas, ils sont extraordinaires. Pour en revenir au bisse, si celui-ci n’est pas très spectaculaire, il en est d’autres en Valais qui sont accrochés en pleine falaise. L’occasion d’un autre circuit, avec un peu de rando au passage.

Après avoir passé un petit col, la route devient plus étroite et pique vers la vallée en descendant les gorges du Durnand. Ici, c’est le royaume du virage. Sur une portion de cette route, la plus longue ligne droite doit faire 50 mètres, maximum. Que du plaisir ! Dans la vallée, vous rejoignez la route principale et l’itinéraire hors détour.

Depuis Orsières, donc, ceux qui ne veulent pas effectuer ce détour resteront sur la route principale et prendront la direction de Sembrancher puis de Martigny. Une belle route, avec de grandes courbes… et des radars. Gaffe, on ne plaisante pas – mais alors pas du tout – avec les excès de vitesse en Suisse. A Sembrancher, une route part à droite qui permet d’aller visiter le Val de Bagnes, pour ceux qui ont du temps. Jolie vallée et patrie d’origine de la raclette, surtout connue maintenant pour sa méga station de ski, Verbier, haut lieu du free ride.

A l’entrée de Martigny se trouve un rond point à côté d’une station service. Ne prenez pas la direction du centre ville mais celle de Chamonix / col de la Forclaz / France. La route, magnifique, s’élève à travers les vignes d’où l’on extrait quelques bons petits vins. Cette route, de Martigny jusqu’au col, est un haut lieu des motards helvètes qui viennent y tester leurs talents de pilotes. Ne vous étonnez donc pas de croiser des sportives à toc dans ces virages, et le pilote du cru est plutôt bon et rapide ! Vous verrez d’ailleurs de nombreux panneaux officiels rappelant que la vitesse, c’est pas bien…

Au col, se trouve un petit bar bien placé pour une bière face aux glaciers, et une boutique de souvenirs. Et encore un bisse, le long duquel on peut effectuer une belle randonnée facile. La route descend ensuite sur le petit village de Trient et s’enfonce dans une gorge avant d’arriver au Châtelard, hameau frontière. Un peu avant, une route à droite à la sortie du tunnel permet de monter au joli village de Finhaut et au barrage d’Emosson. Très spectaculaire, mais il faut avoir du temps.

Au hameau du Châtelard se trouve des stations service et des boutiques de produits suisses, comme l’incontournable chocolat – des variétés que vous ne connaissez peut être pas -, les couteaux, les vins du coin et l’excellente abricotine, eau de vie d’abricot. Pendant de nombreuses années il était intéressant de faire quelques courses ici, et surtout le plein car l’essence était bien moins chère qu’en France. Mais avec la chute de l’Euro face au Franc, ca ne vaut plus du tout le coup. Dommage…

Franchissez la frontière et remontez la jolie petite route qui vous amène à Vallorcine puis au col des Montets où la vue sur l’Aiguille Verte – la plus haute montagne entièrement en France – et la chaîne du Mont Blanc est splendide. Un peu plus bas se trouve le hameau de Trélechamp, qui semble avoir été oublié du temps. Vous pourrez y prendre un verre entre les vieux chalets et les mélèzes.

Une belle route tournicotante vous emmène ensuite à Argentière puis aux Praz de Chamonix et enfin à Chamonix. Je ne vais pas me lancer dans une description de la « capitale de l’alpinisme », il y aurait trop à dire. Centre de tourisme de première importance, vous y rencontrerez presque toutes les nationalités dans les rues ou sur les terrasses. Vous y trouverez aisément de quoi boire, manger et vous loger, l’offre hôtelière et de locations étant énorme. Vous pourrez aussi prendre le train du Montenvers qui vous emmènera voir ce qui reste de la Mer de Glace – qui fond à vue d’œil – où le téléphérique de l’Aiguille du Midi, le plus haut d’Europe, avec un panorama sommital à couper le souffle. Dans tous les sens du terme, à 3842 mètres.

Bref, impossible de décrire tout ce que l’on peut faire ici en quelques lignes. Reprenons la route en direction des Houches, village placé juste au dessus de la route internationale, ce qui lui a enlevé beaucoup de son charme. Ladite route descend ensuite directement au Fayet, mais vous allez vous retrouver entre les innombrables caravanes, camions, cars, et voitures. Il y a un moyen plus sympa de rejoindre le bas de la vallée. Un peu après l’étroit défilé Sainte Marie (là où vous passez sous le viaduc SNCF) prenez la sortie « Servoz ». Vous allez arriver sur une petite route qui va longer un rocher d’escalade et traverser ce charmant village.

Ceux qui ont du temps, ou ont trop chaud, pourront s’arrêter pour visiter les gorges de la Diosaz. Le chemin, facile, s’enfonce dans d’étroites gorges par des passerelles suspendues au dessus du tumultueux torrent. Beau et impressionnant. Vous pouvez aussi simplement faire une pause dans ce paisible village. « Les Gorges de la Diosaz » est aussi le nom d’un restaurant gastronomique et son chef saura satisfaire les palais les plus délicats…

Après Servoz, prenez la direction « Passy » ou « Sallanches ». La route est en mauvais état, étroite et sinueuse, mais elle traverse de jolies forêts et hameaux. Arrivés à Passy, il ne reste plus qu’à rejoindre Sallanches, point de départ du périple. Ceux qui seront restés sur la route principale et se trouvent au Fayet suivront la D1205 qui traverse Domancy et rejoint Sallanches, avec les Aravis en ligne de mire. Dans les deux cas, vous pouvez rejoindre le lac de Passy pour une pause rafraîchissante ou une trempette face au Mont Blanc.

Du Fayet, une dernière variante consiste à rejoindre Saint Gervais, agréable station thermale et touristique, puis à rejoindre, au fond de la vallée, les Contamines et ND de la Gorge, une très belle petite église. Vous découvrirez à cette occasion le Val Montjoie, vallée de 15 km bordée par la partie ouest du Mont Blanc et restée relativement authentique malgré le fort développement touristique. Forêts profondes, fermes, chalets, une vraie carte postale.

Voilà, le tour est terminé, et vous aurez bien mérité un bon repos. J’espère que la balade vous aura plu. A la prochaine…

Pour consulter la carte de l’itinéraire :

http://maps.google.fr/maps/ms?hl=fr&ie=UTF8&msa=0&msid=103046501012995238421.00049033082434712d637&ll=45.894787,6.851349&spn=0.467373,0.75119&z=10

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